IL N'Y A PAS DEUX AJAR

 

De Delphine Horvilleur

Mise en scène Arnaud Aldigé et Johanna Nizard 

 

Avec Johanna Nizard 

 

Création sonore Xavier Jacquot

Création lumière Nicolas Galland

Création maquillage Cécile Kretschmar

Collaborateurs artistiques Audrey Bonnet et Frédéric Arp

Conseiller dramaturgique Stéphane Habib

 

 

Production En Votre Compagnie

Coproduction Théâtre Montansier - Versailles

Avec le soutien du 909, espace de transmission et de production artistique

Résumé

"Il n'y a pas deux Ajar" est un monologue, dont le sous titre est "dialogue contre l'identité." 

Bernard Pivot ouvre le bal: dans son émission Apostrophes, en février 1981, il révèle à la France entière qu’Émile Ajar , en fait, n’était pas moins que Romain Gary : Paul Pavlowitch, son neveu, aura joué le rôle d'Émile Ajar aux yeux du monde pendant toutes ces années.


Le 2 décembre 1980, Romain Gary, en se tirant une balle dans la gorge, aura par ce geste, supprimé Émile Ajar, « LE PLUS GRAND CAMÉLÉON DE TOUS LES TEMPS ». Le premier suicide collectif littéraire sans consentement. Un deux-en-un, secret qui marquera l'Histoire de sa littérature à jamais. 

 

Commence alors avec ce monologue, la rencontre d'un personnage indéfinissable mais juif, qui nous annonce qu'Émile Ajar n'est pas tout à fait mort, puisqu'il en est le fils, lui, Abraham Ajar, fils d’un père fictif, l'enfant d’un livre. Depuis son « trou juif » (La vie devant soi), Abraham Ajar va interpeller le monde avec acidité et humour par le prisme des livres de son père, notamment La vie devant soi et Pseudo.

Tel Don Quichotte s'attaquant aux moulins, il s'en prend à tous les poncifs et tremblements de la pensée contemporaine, souvent feignante, beaucoup trop religieuse, et systématiquement catégorique.

Abraham Ajar nous invite à faire ce pas de géant vers l'autre, vers l'étranger qui sommeille en nous. En entrechoquant la Bible et les mots de son père Gary, il s'évertue à créer un écho puissant au monde d’aujourd’hui: réaliser que nous sommes autre chose que ce que nous pensons être, réaliser ce devenir en nous, que nous portons à chaque seconde et auquel nous aspirons...

 

Avec une lucidité désarmante et une franchise sans concessions, Abraham Ajar incarne et interroge la notion d'identité et de tous les pièges qui en découlent.

NOTE D'AUTEURE - DELPHINE HORVILLEUR

 

IL Y A PLUSIEURS ANNÉES DE CELA J’AVAIS PROPOSÉ QU’ON PLACE UNE NOUVELLE FÊTE DANS NOS CALENDRIERS CIVILES ET RELIGIEUX.

Aux côtés de la Pâques (chrétienne ou juive), je souhaitais voir figurer une fête de «Pas Que», une journée par an où l’on se souviendrait qu’on n’est «pas que »...

Pas que juif, pas que musulman ou chrétien, pas que français, pas qu’homme ou femme.

Tandis que nous étouffons sous les assignations communautaires, les obsessions identitaires, et tout ce qui nous enferme avec «les nôtres», il m’est soudain apparu qu’un homme détenait une clé pour nous faire penser.

Cet homme s’appelle Ajar, à moins que cela ne soit pas son nom et qu’il n’ait jamais existé.

Il est l’homme qui n’est jamais «que » ce qu’il dit qu’il est.

 

Est-il l’auteur ou la victime d’une manipulation littéraire ? J’ai imaginé que cet homme/fiction littéraire avait donné naissance à un être qui nous parle aujourd’hui : de politique et de religion, de la force de la littérature ou de la vulnérabilité de nos narcissismes.

AJAR NOUS RAPPELLE UNE ÉVIDENCE : Nous sommes les enfants des livres que nous avons lus et des histoires qu’on nous a racontées, bien plus que de nos identités d’origine. Voici le monologue d’un homme qui a lieu dans ma tête ou dans la vôtre, et nous dit qu’on n’est pas que nous.

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DOSSIER ARTISTIQUE
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